
D’abord, je suis Français — et j’ai fait partie de la scène psytrance entre 2000 et 2008, une belle aventure remplie de belles rencontres, avec une innovation musicales incroyable.
Après toutes ces années, j’ai réalisé une chose simple : la psytrance fait partie de moi et il aura fallu d’un morceau qui me donne l’envie de faire un album qui reflète vraiment mon expérience, mon vécu et mes expérimentations sonores et surtout l’envie de partager des sourires en trance sur le dancefloor.
Ma manière de faire de la musique repose sur l’instinct. Tout est question de ressenti, d’accidents et d’émotion brute. Faire de la musique sur ordinateur peut être technique — et la technique peut facilement tuer la créativité si on la laisse prendre le dessus. Alors j’essaie de rester dans cet état de flow, en laissant le morceau me guider plutôt que l’inverse sinon je passe à autre chose jusqu’à ce que…
J’adore les basses profondes et puissantes et les kicks percutants — étant bassiste initialement, ressentir les vibrations est je crois ce qui m’a vraiment le plus marqué dans cette musique, la basse résonne avec les mélodies, les mélodies étant ce qui va rendre un morceau unique, mémorable et marqué dans le temps. J’ai utilisé beaucoup d’Access Virus, Nord Lead et Korg. Je crée aussi beaucoup de mes propres samples depuis des années, parfois à partir d’anciens enregistrements mais aussi du nouveau. Aujourd’hui, je fais également beaucoup de sound design avec des synthés numériques comme Sylenth et Vital.
La plupart de mes effets proviennent d’Ableton Live — un choix conscient. Je ne veux plus dépendre d’une tonne de plugins tiers. Trop d’outils peuvent devenir un piège. Je préfère une configuration stable et compacte qui me permet de rester concentré — parce que ce sont les limitations qui poussent vraiment la créativité.
Rester dans un seul style musical n’a jamais été mon truc. La psytrance a toujours été proche de mon cœur, mais en vérité, tout style énergique et “trancy”, qui correspond à mon humeur, me définit.
Le DJing, c’était intense, sans aucun doute. Mais je comprends enfin pourquoi, à l’époque, tant de producteurs ne mixaient même pas leurs propres morceaux — et pourquoi certains DJs disaient : “ces gars sont de mauvais DJs”. Ils n’étaient pas DJs — ils étaient compositeurs. Ils voulaient juste jouer leurs propres créations. Et honnêtement, quoi de plus noble ? Les DJs apportent la progression à un set, certes — mais les producteurs apportent la création. C’est une expérience totalement différente.
Mon premier vinyle était Total Eclipse – Space Clinic. Puis est arrivée cette vieille cassette audio avec écrit Astral Projection dessus. Là ce sont les mélodies qui m’ont vraiment conquis. De la goa trance… des moments magiques. Les choses ont évolué, les sons ont changé — mais l’esprit est resté.
Je me souviens encore des meilleurs lives auxquels j’ai assisté. Des groupes jouant leurs propres morceaux en live — pas juste en mixant, mais en performeant. Je n’oublierai jamais The Delta, X-Dream, l’énergie du début des années 2000. Et quand GMS ou 1200 Mics jouaient depuis des DAT tapes — pas encore de CDs — on savait que c’était pur.
Je mixais aussi sur vinyles, avec mes adorés Technics MK2 — les meilleures platines jamais fabriquées. Mais peu à peu, les CDs ont pris le dessus. Plus de saut de saphir, plus de câbles qui bourdonnent, plus de platines cassées. Plus stable, plus fiable. Une nouvelle ère.
Je ne faisais pas que DJ — j’organisais aussi des soirées. Underground, brut, réel. Je lançais des événements sous le nom Eco6tem, juste pour jouer la musique que j’aimais — et mes propres productions solo ou en groupe.
J’ai décidé d’ouvrir ma musique à qui veut. Ça a pris du temps, mais chaque morceau qui peint une image dans mon esprit est un morceau que je veux partager— ie nouvel l’album lui-même raconte une histoire, une célébration avec des amis, une danse cosmique parsemés de sourires, la vie, les connexions, l’intemporalité.
C’est l’essence de cet album. Il peut vous ramener aux anciens jours, tout en vous projetant droit dans le futur. Comme un trou noir — et je pense au vinyl — où le temps n’existe plus. Il n’y a que le maintenant.
Aujourd’hui, je suis un artiste qui n’a jamais cessé de croire au pouvoir de la musique pour connecter les gens. Tout ce que j’ai vécu — les nuits de teufs, les soirées underground ou club, et surtout cette incroyable envie de faire de la musique plutôt que la teuf ont façonné qui je suis et comment je crée.
Aujourd’hui, j’ai vraiment envie de m’ouvrir au monde à travers ma musique. Pendant plusieurs années, j’ai traîné des morceaux jamais terminés qui me font vibrer, des idées de morceaux même, et j’avais besoin d’aller de l’avant, de rendre ma créativité encore plus créative. Aller au bout des choses, en terminant ces morceaux, est donc devenu une évidence.
Ayant tellement de matière en psytrance, cela m’a donné envie de sortir un album plutôt que des singles un par un. La reconnexion avec des gens sur qui on peut compter — des amis, quoi — m’a aussi permis de définir le titre et le morceau qui, de loin, correspondait le mieux à ce sentiment : Let There Be Friends.